La sixième mission ( 11-13 mai 2018) – par Florent et Thibaut

Florent est parti avec Thibaut le vendredi 11 mai à Thayarchang et ils ont passé deux nuits sur place.

 

Les objectifs de cette mission étaient les suivants :

1) Vérifier le travail fait sur le réservoir:

 

Le réservoir n’a pas été élargi mais il a été approfondi. Le volume de terre enlevé devrait correspondre au volume d’eau supplémentaire dont on peut remplir le réservoir. On peut juger du travail accompli sur les photos:

2) Distribuer des vêtements ( déjà décrit dans l’article précédent )

3) Mettre en route la construction d’un chemin dans le village pour que les gens puissent se déplacer plus facilement pendant la saison des pluies:

 

UHK a dit que c’était trop tard pour construire le chemin, qu’ils n’avaient plus le temps de le faire avant le début de la saison des pluies. U Hla Win a dit qu’il enverrait une équipe pour faire un essai sur quelques mètres. Florent lui a demandé de faire la jonction entre le chemin déjà construit et l’abri. L’idée est de mélanger le ciment à de l’écorce de riz. Mais c’est une technique peu maîtrisée. Donc UHW a dit que nous pourrions décider de construire le chemin sur toute la longueur du village après l’inspection de l’essai en septembre.

 

4) Identifier des difficultés auxquelles les villageois font face:

 

Un des gros problèmes auquel les villageois doivent faire face est l’endettement. En gros il y a 64-67 familles à Thayarchaung pour une population de 400 habitants, dont environ 80 enfants (les chiffres varient car des familles quittent le village apparemment). Sur ces 64 familles il y aurait 50 familles de pêcheurs et 14 de riziculteurs. Avant même de pouvoir commencer à travailler dans ses rizières, le paysan doit emprunter de l’argent et donc s’endetter.

 

Prenons le cas d’UHK. Il possède 20 acres de rizières. Il doit emprunter 20 lakhs (=2,000,000 kyats = 1250 euros) au mois d’août (ses semences, de l’engrais, du diesel, ses employés). Il emprunte cet argent à des riches du village de Thadarchaung (les usuriers) à un taux d’intérêt de 50%. Au mois de mars il doit leur rendre 30 lakhs, soit 10 lakhs (625 euros) en intérêts, ce qui est assez énorme.

 

La plupart des autres paysans ne possèdent pas autant de terre qu’UHK et ils doivent emprunter environ 10 lakhs par an aux mêmes usuriers et leur rembourser 50% de plus, au mois de mars à la fin des récoltes. S’ils ne parviennent pas à rembourser, ils perdent leur terre.

 

Un collègue de Ma Waing de l’ambassade a conseillé de contacter une ONG (Entrepreneurs du Monde: https://www.entrepreneursdumonde.org/fr/) qui intervient déjà dans le secteur du financement agricole dans la région de Dala, au sud de Yangon. Florent la contactera pour lui demander si elle connait des organismes qui pourraient aider les paysans de Taya à financer leurs récoltes à un taux décent.

 

5) Mettre des gouttières et une clôture autour de l’abri

 

Ils ont passé une bonne partie de la matinée de samedi dans le village de Kyaung Wa pour y acheter des bambous pour faire les gouttières. Après plusieurs heures de discussions, de dessins et de négociations ils sont repartis avec 12 bambous de 10 mètres de long qu’ils ont fait livrer dans l’abri le lendemain. Ils ont aussi acheté 16 piliers en palmier pour la clôture. Florent s’en occupera en septembre prochain.

 

Réflexions :

Abri :

 

UHK ne l’utilise pas encore vraiment, à part quand nous sommes de passage bien sûr. Il l’a utilisé une fois avec les autres villageois pour la donation d’un repas au moine.

 

UHK a dit que les villageois utiliseraient l’abri en cas de catastrophe naturelle d’intensité comparable à Nargis. 25 personnes avaient réussi à se réfugier dans la hutte d’UHK lors de Nargis et à sauver ainsi leurs vies. Si un tel événement devait se reproduire, 200 personnes pourraient facilement trouver refuge dans l’abri, qui remplirait ainsi sa fonction de départ.

 

Cependant, à cause d’un orage, poussée par le vent, la pluie s’est engouffrée par le bord inférieur du toit et a inondé la pièce principale. Il faudra donc trouver une solution pour empêcher l’eau d’entrer par-dessous la toiture. Une bâche sur les grillages devrait suffire. A moins qu’on n’installe des stores en lattes de bambous avec des poulies pour les relever ou les abaisser?

 

Une fois que la maison sera étanchéifiée, que les gouttières et les jarres seront en place et que la clôture sera terminée, Florent essayera dans un premier temps de planter des arbres sur le terrain et d’y faire pousser quelques fruits ou légumes. Pour cela Florent ira voir un des habitants de MingalaTaung (le premier village situé au sud-ouest de ThayarChaung). Florent avait remarqué sa belle propriété dont l’habitation était surélevée sur un petit tertre. Le terrain est délimité par des arbres et une clôture réalisée avec des bambous et des filets de pêche. Il y a aussi un petit jardin potager à l’intérieur, un petit étang et des dizaines d’arbres un peu partout.

Comme personne dans le village de Thaya ne semble trop motivé par la culture de légumes ou la plantation d’arbres autour de l’abri, Florent demandera à UHK s’il est d’accord pour venir faire un peu de jardinage, moyennant finance bien entendu! Si notre villageois finit par aménager un joli jardin potager avec des arbres, il éveillera peut-être la curiosité de certains voisins qui s’inspireront de ses travaux et reproduiront ses idées chez eux. On verra bien!